Index des articles

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Le Monde 16/10/2005
Libération 16/12/2005
La revue I volume 2
Cecn n°4
Libération 03/07/2006
L'Humanité 12/07/2006
Libération 25/07/2006
La dépêche de l'Aube 01/09/2006
La Libre Belgique 13/10/2006
L'Union de Reims 26/11/2006
Le Bien Public 15/12/2006
Le Monde 13/06/2007
Libération 16/06/2007
Les Nouvelles Calédoniennes 30/06/2007

Revue de presse complète à télécharger au format pdf :
Convergence - Presse.pdf

Les Nouvelles Calédoniennes 30/06/2007

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Féerique jonglage numérique au centre Tjibaou

Dans Convergence 1.0, Adrien Mondot mêle jonglage, danse, mime et illusion numérique, jouant avec trois balles et des centaines d’autres, virtuelles celles-là, projetées sur un écran transparent. Un spectacle visuel et poétique plus qu’original, inattendu.

Imaginez. C’est un soir de mal de cr
âne et, dans un verre de cantine, vous jetez un cachet d’aspirine. Alors qu’il se décompose en petites bulles blanches, un homme, tout de noir vêtu, tombe au fond du verre. Il y rencontre une violoncelliste, blonde, qui, à l’archer comme au doigté, rythme chacun de ses gestes. Tandis que les bulles s‘échappent ou s’accumulent, le petit homme en noir s’amuse. Il en prend une, puis deux, puis trois, jongle avec elles. Il souffle sur celles tapies au fond du verre, les laisse s’envoler. Il tente de les attraper lorsque, doucement, elles retombent, comme dans ces globes souvenirs que l’on secoue pour faire chuter la neige sur Paris ou le Mont-Saint-Michel.

Soudain, les bulles prennent vie et se jouent à leur tour du dr
ôle de bonhomme, obligé de se tordre pour les éviter, quand elles prennent la forme du fameux jeu « ping-pong », vous savez, ce basique ancêtre des jeux vidéo. L’homme apprend, aussi, à diriger les bulles, à les superposer pour créer des personnages, à anticiper leurs mouvements tel un marionnettiste. Mais on ne s’improvise pas créateur de vie. Alors, comme Mickey Mouse apprenti sorcier dépassé par ses balais vivants, voilà le petit homme submergé par les hommes-bulles. Enfin, pourtant, il s’extirpe de son verre. Dans sa main, le petit homme en noir a emprisonné une goutte d’eau. Elle est brillante et translucide, il la fait bondir au creux de son bras, la passe d’une main à l’autre, la laisse caresser son visage. Vous n’avez plus mal au crâne.

Romain Meynier

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Libération 16/07/2007

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Le cirque s'aventure hors pistes

Depuis ce qu'on a appelé le «nouveau cirque», l'art de la piste n'a cessé d se renouveler, puisant dans les autres disciplines comme la danse et les art plastiques, les nourrissant aussi. Au point qu'on assiste à l'émergence d'un véritable écriture circassienne, certes d'une grande disparité, mais dont l centre serait le corps. Le parc de la Villette, qui accueille du cirque tout l'année, se devait de pointer la chose avec un rendez-vous inédit ­ même s les spectacles, eux, ne sont pas nouveaux. Des auteurs, des cirques témoigne, en les réunissant, de la richesse du genre avec un double programme, où Christophe Huysman, qui ouvre le bal chaque soir au théâtre Paris-Villette avec Human (articulations), fait figure d'aîné.



Poétique. L'autre jeune phénomène auquel André est souvent associé s'appelle Adrien Mondot. Jongleur d'un genre nouveau, proche de la danse dans son approche du plateau, il impose d'entrée la même qualité de présence, la même délicate densité. Les deux artistes se sont croisés lors de résidence et ont déjà expérimenté des choses ensemble, notamment au Manège de Reims, où ils sont tous les deux associés.
Dès sa première pièce, Convergence 1.0 , créée en 2005 et présentée la semaine prochaine à l'espace Chapiteaux de la Villette , Adrien Mondot, dont on a déjà parlé à plusieurs reprises, interroge l'essence même de sa discipline par un jeu projeté de balles virtuelles, démultipliant ainsi l'espace en une sorte d'infini mathématique et poétique.
Rare femme auteur dans un monde plutôt masculin, la circassienne Jeanne Mordoj fermera la marche avec Eloge du poil.

Maïa Bouteillet

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Le Monde 13/06/2007

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Le cirque à texte en vedette à la Villette

Autant le cirque et la danse font naturellement cause commune, autant l'alliance de la piste et du théâtre reste rare et problématique. Pourtant, jusqu'au 30 juin, l'écrivain-acteur-metteur en scène Christophe Huysman, l'acrobate Jean-Baptiste André, les jongleurs Adrien Mondot et Jeanne Mordoj vont se succéder, au parc de La Villette, imposant l'idée d'une écriture de la piste. Ces quatre artistes contemporains se produisent dans le cadre de la manifestation "Des auteurs, des cirques", initiée par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).



Avec Convergence 1.0, programmé au Festival "Off" d'Avignon 2006, le jongleur Adrien Mondot raffine une écriture de l'apesanteur. Accompagné par la violoncelliste Véronika Soboljevski, ce faux solo transporte le spectateur sous une chute de neige, dont les flocons sont des balles virtuelles projetées sur un écran.

La séquence avec une sphère transparente qui semble flotter dans l'air sous les caresses des mains d'Adrien Mondot est un moment de grâce. Il a exigé un an et demi de travail. Convergence 1.0 rassemble les deux passions de Mondot : le jonglage et l'informatique. Une obsession en ligne de mire : débarrasser le jongleur de ses balles et voir ce qu'il en reste. Un danseur ?


Rosita Boisseau
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Le Bien Public 15/12/2006

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BALL(AD)E au clair de Lune

Voici la compagnie Adrien M. ou l’histoire d’un jongleur-danseur qui séduit son public en trois balles transparentes et une pluie de poésie musicale et numérique.
CONVERGENCE 1.0 est éblouissant de sensibilité, de talent, de créativité, les critiques de la presse sont unanimes ! Ce spectacle se situe à la frontière fine entre la danse et le jonglage, dessinée par Adrien Mondot : « Le point de départ du projet pourrait être résumé par la question : que reste-il du jonglage si on enlève les balles ? ». Eh bien le corps prend le relais et mime, et amplifie tout le rapport sensuel aux instruments de l’artiste. La performance n’est plus au centre de l’attention. Malgré cela, les balles sont bien présentes physiquement, sinon qu’elles sont transparentes comme des bulles. Sur les notes douces et graves du violoncelle, les balles volent et se perdent sur le corps du magicien solitaire, dans l’ombre. Convergence 1.0 utilise la technologie vidéo pour transporter la création vers le rêve, pour réaliser ses fantasmes de jongleur : « Le système de jonglage virtuel développé permet de s’affranchir des contraintes et amène un autre mouvement. » Elle crée des effets visuels magnifiques, et dissipe toute certitude sur le réel et l’artificiel. Mais parfois, l’écran le trompe et le plonge dans ses propres cauchemars, comme être noyé sous un déluge de balles. Adrien Mondot décrit Convergence 1.0 comme « une expérience mettant le jonglage et l’informatique au centre de la démarche de recherche. Ils ne sont plus des éléments servant une trame narrative, ils sont à la fois le propos et l’objet du spectacle. »
À ceux que l’envie prendrait de découvrir, dans le jeu des lumières sombres et la musique douce, cet artiste virtuose révélé au festival d’Avignon, n’oubliez pas d’emmener avec vous les enfants (calmes) qui devraient également être séduits par la magie du spectacle. Trois soirées seront consacrées à la compagnie.
Le site de la compagnie (www.adrienm.net) est bien construit et mérite qu’on y jette un coup d’œil, en particulier pour regarder un extrait vidéo de Convergence 1.0, une excellente mise en bouche.

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L'Union de Reims 26/11/2006

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Les balles pleuvent sur la scène. Il en sort de partout. Envoyées par un projecteur, elles viennent s'écraser sur un écran transparent et repartent avec allégresse comme si de rien n'était.

En face, l'homme visé est dépassé par les événements. Mais le voici reprendre du poil de la bête, se ressaisir, entrer à son tour dans le jeu féérique. L'artiste saisit au vol ces projectiles virtuels que, tout d'un coup, il apprivoise. Il s'amuse, joue et jongle avce ses ustensiles volants, en utilise d'autre du même type, cette fois bien réels, orchestre ainsi un étrange ballet entre les vrais et les faux de telle sorte que le public perd tout repère, ne sait plus à quelle bouée se raccrocher, dérive au grès de la fantaisie de son guide d'un soir.

Avec "Convergence 1.0, qu'il présentera cette semaine à Épernay, Adrien Mondot brouille les pistes. Transfuge de l'univers du cirque, il oscille entre la jonglerie et la vidéo.

Mais le bougre ne s'arrête pas à ce croisement entre ces deux disciplines artistique. Pour ce bal de tous les arts réunis, il convoque aussi la danse et le musique.
Ce jongleur exécute ainsi quelques pas chorégraphiés avec ses partenaires tout ronds. La violoncelliste Veronika Soboljevski l'accompagne des plaintes de son archet qui insufflent à cette virevoltante chorégraphie une atmosphère étrange et poétique.

La poésie, oui, en émane avec une vituosité déconcertante, une jubilation de tous les instants, qui court dans tous les coins. Elle rebondit sans cesse dans le sillage des objets mués comme des étoiles filantes pour finalement rester en suspension dans un fort joli tableau et envelopper le cadre scénique d'une myriade de pointes lumineuses comme un ciel étoilé.

Adrien Mondot fait mouche avec ce spectacle salué au dernier festival d'Avignon après avoir été créé cette année au Manège de Reims. Il propulse les spectateurs dans un monde imaginaire là où le temps est suspendu, la gravité abolie et l'espace dominé, comme si ce Pierrot lunaire avait maîtrisé l'apesanteur.

Fabrice Littamé

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La Libre Belgique 13/10/2006

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Jongleur et informaticien, Adrien Mondot dialogue entre réel et virtuel. Ballet d'ombres poétique avant une dernière halte aux Halles pour Temps d'images.

Des petites soirées comme celles-là, on en redemande. Sans prétention et pourtant novatrices, elles nous emportent dans un univers exploratoire où il est bon de se perdre. Le festival " Temps d'images " bat son plein aux Halles de Schaerbeek comme à Riga, Rome, Budapest ou Lisbonne... Autant de villes qui ont accepté de s'associer au festival européen initié par Arte et la Ferme du Buisson . Signes particuliers ? Audace, conviction et surtout croisement des arts de la scène et des images en mouvement. Joli défi pour une chaîne télévisée culturelle. À Bruxelles, après " A quoi tu penses ?", mêlant danse, littérature et vidéo, " Palestine : images et politique " ou encore " Regarding ", entre théâtre et arts visuels, c'était au tour d'Adrien Mondot d'attirer tous les regards pour une promenade poétique entre jonglage et informatique. Chercheur en informatique et jongleur, l'artiste développe un système de jonglage virtuel et a été le lauréat de l'opération " Jeunes Talents cirque 2004 ". Suivront ce week-end " Promenade-Chantier-Q02" et " Remèdes à l'ennui ".

Assis seul en scène, Adrien Mondot se frappe légèrement. Puis joue avec la balle et l'image pour un ingénieux jeu d'illusions rappelant plus volontiers le théâtre d'ombres que l'écran d'ordi. Rêverie fragile sur fond de composition électroacoustique, "Convergence 1.0" propose un doux arrêt dans le temps, une pirouette hors logique et fascine par son étonnant jeu de balles. D'une halle à l'autre, la soirée se poursuit en compagnie cette fois d' Alexandre Castres dont le passage chez Pina Bausch ne gâche évidemment rien. L'homme s'est taillé un étonnant costard de danseur et évolue, sur scène, en complet veston. Subtilement inhabituel. Décalé et second degré, Monsieur Zéro se cherche une histoire, ou à tout le moins une idée, lui qui n'a connu comme malheurs qu'une panne de voiture, la mort de son chien et des vacances gâchées par la pluie. Ambiance plutôt glauque de films noirs et références à Cioran, Devos ou Desproges, "Monsieur Zéro, famous when dead ?" surprend de bout en bout, communique par langage sous-titré, décape les chakras et nous apprend à mourir sans avoir l'air d'un con. C'est déjà pas mal.

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La dépêche de l'Aube 01/09/2006

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CONVERGENCE 1.0

Ce spectacle tient à la fois de la virtuosité et de la poésie. Il est tout simplement éblouissant. Difficile de peindre la beauté, ce qui va dans l’os du jonglage pour en extirper la substantifique moelle. Les mots manquent comme au cancre devant sa rédaction. Mais bientôt la page blanche se remplit de signes et de sons et de sauts Une cabalistique se dévoile. Les balles habiles, sages d’abord, s’affolent. Vraies puis irréelles. Adrien Mondot fait équipe avec le virtuel. Il jongle avec la machine. Un Kasparov complice de Deep Blue. Mondot se frotte à l’impalpable. C’est de la science friction. Des feux d’artifice de balles sont tirés. Pyrotechnie de jets mélodieux avec soufre, poudre et foudre. Puis le calme d’une sieste mélodieuse que borde avec soin Véronika Soboljevski au violoncelle. Christophe Sartori et Thierry Laroche sont au son et à la lumière. Mon dieu que notre monde est beau sous les balles.

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Libération 25/07/2006

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Convergence 1.0».
Adrien Mondot, as de la balle, vraie ou virtuelle


Les ruelles bruissent du nom d'Adrien Mondot. Jeune jongleur à la présence délicate qui présente Convergence 1.0 à la caserne des pompiers, lieu agréable investit par la région Champagne-Ardenne depuis douze ans, l'une des premières à s'être souciée du devenir de ses compagnies dans la jungle du off.

Convergence 1.0 se joue de la réalité en combinant jonglage traditionnel et nouvelles technologies. Ainsi, des images projetées en surimpression sur un rideau de tulle noir viennent bousculer la donne de ce qui se passe sur le plateau, offrant une mise en abyme de l'espace et du geste. L'artiste se trouvant à jongler avec le vide ou, au contraire, pris sous un déluge de balles fantômes, ce qui revient à peu près au même.

La situation hésite alors entre la poésie, l'illusion comique et la froideur mathématique. Il faut dire qu'avant de passer définitivement à l'art de la piste, Adrien Mondot était chercheur en informatique et qu'il n'a jamais tout à fait abandonné l'un pour l'autre, mais se nourrit au contraire de ce métier passé. En développant par exemple un logiciel qui lui permet de défier les lois de la gravité en toute tranquillité.

Mais le spectacle n'est jamais aussi beau que lorsqu'il apparaît le plus dépouillé : un interprète et sa balle, une violoncelliste et juste ce qu'il faut de lumière à ras du plateau.

Le garçon n'est pas tout à fait un débutant. Repéré par l'équipe des Subsistances à Lyon, où il a travaillé sous forme de résidence laboratoire, Adrien Mondot est artiste associé au Manège de Reims dirigé par la chorégraphe Stéphanie Aubin. On ne sera pas étonnés d'apprendre qu'il a collaboré avec Kitsou Dubois, chorégraphe de l'apesanteur, ainsi qu'avec les danseurs Alain Buffard et Yvann Alexandre.

Maïa Bouteillet (envoyée spéciale à Avignon)

http://www.liberation.fr/dossiers/avignon2006/critiques/195177.FR.php

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L'Humanité 12/07/2006

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Caserne des pompiers : Mondot nous emballe

Le spectacle d’Adrien Mondot Convergence 1.0 séduit d’emblée. Dans un éclairage minimal avec, à cour, une violoncelliste aux cheveux de feu, le jeune homme, placé derrière un voile de tulle noir, jongle comme personne. Trois balles suffisent à créer autour de lui la sensation de l’apesanteur.

On dirait que les petites sphères blanches, devant et derrière ses hanches, gravitent toutes seules. Toucher proprement magique. C’est moins le bout des doigts, semble-t-il, que quelques muscles secrets qui agissent.

Adrien Mondot ne se contente pas de donner à voir ce don hors du commun. Jongleur, il est aussi passionné d’informatique et d’arts numériques. Il a donc imaginé un spectacle à la hauteur de ses divers talents.

Sur le voile en tulle noir, bient
ôt surgit une giboulée de balles virtuelles, soumises au bon vouloir des deux mains bien réelles du jongleur.

Accélérations et ralentis ne sont pas exclus. L’ensemble de ces métamorphoses d’insolite beauté surréaliste comble en nous l’espace du r
êve.

Muriel Steinmetz

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Liberation 03/07/2006

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Nantes bombardée d'électro
La 6e édition du festival Scopitone, mêlant image et son, a eu lieu ce week-end.

Bravant la chaleur suffocante du chapiteau, le public liquéfié assiste sans broncher à l'envo
ûtant numéro de jonglage d'Adrien M. On n'est pas au cirque, mais au festival Scopitone à Nantes, ce week-end, qui explore depuis cinq ans la création au croisement de la musique et de l'image. Le jongleur virtuose fait danser au bout de ses doigts des balles réelles ou virtuelles, qui se démultiplient, en même temps que ses bras incapables de les rattraper, tombent en cascades blanches jusqu'à l'engloutir, ou ricochent contre les murs dans une partie de pong géant. Un moment magique où la technique disparaît au profit de la poésie, où l'imaginaire prend forme dans de gracieux algorithmes.


Marie LECHNER
Nantes envoyée spéciale

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Cecn n°4

cecn
Jongleur de l'improbable, propos recueillis par Vincent Delvaux
télécharger l'article en français et en anglais, au format pdf : AdrienMCECN04.pdf

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Libération 16/12/2005

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Mondot, de la balle!
Dans «Convergence 1.0», à Strasbourg ce week-end, le jongleur mêle art traditionnel et virtuel.

Pénombre et solitude du personnage sur scène, en noir et blanc, à l'éclairage minimaliste et latéral. Une mélodie au violoncelle le tire de sa rêverie, ou peut-être l'y plonge-t-elle pour de bon ? A rebours des effets de manche, le jongleur assis sur sa chaise n'a qu'une balle. Un souffle semble courir sur la scène du Manège, à Reims, où Convergence 1.0 a été créé, en octobre dernier.

Décloisonner. Convergence, un nom bien sérieux pour un spectacle poétique et magique, qui emprunte aux disciplines du nouveau cirque, du jonglage virtuel à haute dose numérique, de la danse contemporaine, mais rappelle pourtant davantage les théâtres d'ombres et autres ancêtres précinématographiques, quand des spectres envahissaient les planches pour plonger les spectateurs du XIXe siècle dans un délicieux effroi.

Adrien Mondot, repéré lors des Jeunes talents cirque 2004, ancien chercheur sur le rendu non-photo-réaliste à l'Inria (Institut national de recherche informatique et automatique), travaille à décloisonner l'informatique au service de la scène et du jonglage, une marotte apprise majoritairement dans la rue. La première réalisation de sa compagnie, Adrien M, est déjà programmée par une quarantaine de scènes nationales et théâtres expérimentant les nouvelles formes, loin des deux sources qui irriguent pourtant sa création, le cirque et les nouvelles technologies.

Jeu d'illusion. Sans doute parce que le jonglage y est malmené, renversé et renvoyé à un jeu d'illusion entre l'acteur et ses balles. Sans doute aussi parce que les nouvelles technologies n'y sont que suggérées, en petites touches imperceptibles, imbriquant réel et virtuel dans un même délire onirique, tournant autour de cette solitude du jongleur au moment du lancer de balles, fussent-elles imaginaires, en cristal ou en plastique.

Sur la scène toujours aussi nue (un fauteuil, un violoncelle, un écran de tulle transparent au premier plan), les jeux d'ombres et de lumières se superposent aux jeux du vrai et du faux des balles traditionnelles et de celles qu'active depuis la régie une palette graphique en temps réel. Le jonglage virtuel comme tentative d'épuiser les contraintes physiques et spatiales de la discipline : vitesse, pesanteur, apparition et disparition sont évidemment chamboulées.

Musique hybride. Mais comme si cette «convergence»-là ne suffisait pas à construire un spectacle, la musique du violoncelle joué sur scène par Véronika Soboljevski ajoute une couche supplémentaire au doute qui trouble et ravit: par moments spatialisée, sa composition électroacoustique est également hybridée aux samples électroniques de Christophe Sartori. Et, quand on croit saisir le «truc» faisant que la trajectoire des balles-images réagit aux sons, les voilà qui se mettent à osciller aux rythmes des mouvements du jongleur, lui-même embringué dans un ballet cinétique où elles se jouent de lui, l'entourent et le prennent dans une toile d'araignée...

Au point de départ de cette alchimie bondissante et poétique en diable, la simple question : «Que reste-t-il du jonglage quand on enlève les balles ?» Façon de confronter les gestes et échappées sur les habituels points d'équilibre, leurres visuels et quasi psychologiques du jonglage traditionnel, mis au pied du mur des effets des fantasmes digitaux. Que reste-t-il de la maîtrise maniaque du jongleur traditionnel quand les balles deviennent autant de personnages autonomes qui, par instants, incarnent l'ancêtre des jeux vidéo, un jeu de tennis à la taille du tulle de scène ? Est-il encore possible d'admirer la virtuosité de l'artiste quand il lui pousse deux, trois, quatre bras, et que les vraies balles rivalisent avec les fausses, forcément plus nombreuses et facétieuses ?

Fragilité et fatuité du jongleur se télescopent jusqu'à ce qu'Adrien Mondot traverse l'écran de tulle et sorte de sa manche une balle de cristal : les reflets de lumière irisée la rendent plus légère que toutes les balles virtuelles réunies. Après la salve d'applaudissements, Mondot prend la parole et invite le public à «boire un coup».

Annick RIVOIRE, envoyée spéciale à Reims

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La revue i volume 2, 01/2008

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Article publié dans le volume 2 de la revue i en janvier 2008

Un homme seul, assis sur une chaise. Recroquevillé sur lui-même, derrière un filet transparent, sur un plateau nu. Immobile. La tête basse, tournée vers lui-même, comme perdu, comme perclus dans la pénombre. Soudain ses mains, ses bras, s’agitent, l’emportent, le transportent pour nous immiscer, nous introduire petit à petit dans son univers… Un son grinçant surprend. Celui d’un violoncelle qui apparaît progressivement sous un voile de lumière d’une douceur infinie, unique décor et sublime enveloppe poétique caressant la scène de l’Hexagone mardi 15 novembre 2005.

La Cie Adrien M fait partie de ce mouvement de renouveau des arts du cirque qui ont une forte tendance à s’autonomiser pour réinventer un nouveau langage par l’expérimentation du potentiel d’expressivité de chacune des disciplines. C’est une mise en abyme du jonglage que Adrien Mondot propose. Propulsée vers un langage chorégraphique, sa création est partie du geste originel du jongleur, de toute sa grâce, de toute sa poésie. À travers ce spectacle, Convergences 1.0, il s’affirme donc à la fois comme jongleur et danseur, se jouant des règles de la gravité et du temps.

Informaticien de formation, il a choisi de croiser ce métissage aux nouvelles technologies en se demandant « ce qu’il reste du jonglage si on enlève les balles ». Interrogation surprenante, résultat surprenant. Au cours de la représentation, s’affranchit ce voile derrière lequel il se repliait, ce voile séparant le public des artistes, support de projections informatiques. La création prend alors une dimension toute particulière, singulière, s’inscrivant dans un univers autre, atypique à la scène. Et ce sont justement les objectifs des Rencontres I : croiser les imaginaires, mêler les points de vue et les milieux professionnels, qu’ils soient artistiques ou scientifiques.

Véritable enjeu pour la recherche en informatique, ce spectacle mêle intimement tradition et modernité. Est conservée l’authentique relation entre le jongleur et le musicien, la violoncelliste Véronika Soboljevski improvisant à ses côtés et une création électronique étant réalisée en direct. Pièce unique, novatrice, qui frôle le surréalisme par le jeu du personnage principal avec tantôt un homme-balle, tantôt une vague de balles ou encore une pluie de balles ; bref, des balles et encore des balles devenues supports graphiques.
Onirique, poétique et ludique, Convergences 1.0 demeure accessible à tous sans exclure des interrogations sur les formes, le mouvement, l’équilibre, l’artistique et la technologie. Ce dédale délicieux d’images numériques crée un monde imaginaire étonnant, détonnant et déroutant…

Sybille Sorrel, étudiante en master de diffusion culturelle, Novembre 2005

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Le Monde 15/10/2005

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Adrien Mondot jongle avec le réel et le virtuel

Les balles blanches dansent entre ses mains, sur ses longs bras nus, au-dessus de sa tête. En écho, une pluie de balles blanches virtuelles dévale sur un écran fluide, un large rideau de scène où s'affichent les inventions graphiques d'Adrien Mondot. Informaticien et jongleur, cet artiste de 24 ans est un nouveau venu dans l'univers du cirque.

Chercheur à l'Institut national de recherche en informatique et automatique (Inria), il a travaillé pendant trois ans à concevoir des outils de création graphique. Depuis, il développe des programmes pour la scène, avec différentes équipes artistiques.

En parallèle, Adrien Mondot jongle. Il appartient à cette génération pour qui jonglage, danse et musique sont étroitement liés. A ces croisements, il ajoute ses propres recherches numériques. Accueilli pour deux ans en résidence au Manège, à Reims, il vient d'y créer Convergence 1.0, une belle rencontre entre la poésie des balles réelles et l'abstraction des motifs virtuels.

Ce mercredi 5 octobre, il est vêtu d'un T-shirt et d'un pantalon noirs, et il danse avec la pesanteur. Rondeur des balles, envolées du corps : Adrien Mondot joue en finesse.

Puis le rideau-voile s'anime de projections. Des dizaines de points blancs volent, s'immobilisent, reprennent leur danse, soulignée par des pulsations sonores électroniques.

Cet imaginaire fantastique n'écrase jamais l'interprète. Il n'y a nulle fascination high-tech chez Adrien Mondot. L'atmosphère de rêverie fragile est même rehaussée par la présence sur scène d'une violoncelliste, Véronika Soboljevski. Les tonalités chaudes accompagnent ses compositions de fugues aériennes.

A la fin, Adrien Mondot traverse l'écran et vient jouer à l'avant-scène. Seul, sans artifice. Une image simple pour rappeler que, au cirque, un artiste jongle toujours avec le risque.

L'Hexagone, à Meylan (Isère), le 15 novembre. Le Manège, à Reims (Marne), le 20 novembre. Le Maillon, à Strasbourg (Bas-Rhin), du 16 au 22 décembre.

Catherine Bédarida

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